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La vocation à la vie religieuse

Découvrez en images                                                                                                            « Viens auprès du Christ
la vie et la vocation                                                                     Ne réfléchis pas longuement aux chemins qui mènent à Lui : 
des sœurs augustines                                                                               Crois et tu viendras ! Aime et tu seras attiré ! »
de la Miséricorde de Jésus  
en cliquant sur le lien ci-dessous :                                                                                                                                                      Saint Augustin

lien externe La vocation d'Augustine de la Miséricorde

Témoignage de Soeur Roxane: Décembre 2009

service vocations

 

Arrivée à Malestroit en 2007, au sein de la Communauté des Augustines de la Miséricorde de Jésus, je viens de faire ma première profession religieuse le 8 décembre dernier, après 2 ans de noviciat (temps d’initiation à la vie religieuse). J’ai donc prononcé mes premiers vœux [1], traditionnels dans l’Eglise, de pauvreté, chasteté et obéissance, avec un 4ème qui nous est propre, celui de la Miséricorde, du service des pauvres et des malades, puisque nous sommes des sœurs hospitalières.  Pourquoi ai-je choisi la vie religieuse, et dans la Communauté des Augustines ?

C’est suite à une expérience forte de Dieu, de son « Amour fou » pour moi, que j’ai perçu cet appel à Le suivre de plus près. Ce désir a grandi en moi, et il m’est apparu de plus en plus comme une évidence, que le Seigneur me rendrait vraiment heureuse si j’acceptais de Lui remettre toute ma vie (ce que je suis, ce que je possède, ce que je fais, ceux que j’aime, mes choix et mes désirs, mes projets…) pour qu’Il en fasse son Œuvre, et me donne de porter du fruit. Pour commencer, j’avais choisi de devenir infirmière, pour aimer, consoler Jésus dans les malades auxquels Il m’enverrait, accomplissant ainsi la Parole de l’Evangile qui dit : « … dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40). Mais très vite, je me suis rendue compte que cela ne me suffisait pas, de me donner à Lui uniquement dans une dimension de ma vie : professionnelle.

En fait, le Seigneur m’appelait à la vie religieuse, tout en continuant à me donner en tant qu’infirmière. J’aime à dire, que ces deux aspects de ma vocation, sont comme deux poumons de mon être, qui me font vivre. En effet, c’est mon bonheur de recevoir Jésus le matin, lors de notre Eucharistie quotidienne, en Communauté, pour ensuite aller Le redonner, Lui, à ceux qu’Il met sur ma route, et en même temps, de Le rejoindre dans mon prochain. Car Il a tellement soif que nous ayons soif de Lui. J’ai donc choisi la Communauté des Augustines de Malestroit, car c’est ici que j’ai trouvé un bel équilibre de vie entre ces deux aspects de ma vocation. 

Est-ce que nous sommes toutes infirmières ou « dans le médical » chez les Augustines ?

Bien sûr que non ! Disons que nous avons le même désir, de nous mettre à la suite du Christ, à son école, et n’est-ce pas l’Amour qu’Il est venu nous enseigner ? Toute notre Règle, celle de St Augustin, nous oriente vers Lui, vers l’Amour, et nous invite à l’Amour, donc pas toutes seules, mais ensemble, en sœurs. La vie fraternelle, très chaleureuse chez nous, est l’un des 3 piliers de notre vie religieuse, que l’on dit canoniale, avec la prière liturgique (ensemble!) et personnelle, ainsi que le service des malades, pour nous, au sein de notre clinique, à Malestroit. Pourquoi cette démarche de prononcer des vœux ? Saisies par son Amour pour nous, nous cherchons à donner au Seigneur la première place dans toute notre vie, et pour cela, à laisser ce qui n’est pas essentiel. Contrairement à la caricature assez répandue qui réduit les vœux à une longue liste d’interdits: « Alors, vous n’avez pas le droit de faire ceci, cela… » - comme s’ils nous mettaient à l’étroit, nous enlevaient notre liberté -, c’est, selon moi, tout le contraire qui se produit. En vivant de mes vœux, qui me lient à Celui que j’aime de tout mon cœur, le Christ, je me sens toujours plus libre, et libre pour aimer plus et en vérité ! Disons qu’ils représentent pour moi une certaine règle de vie, une forme d’imitation de Jésus Christ, qui m’aident à m’orienter vers ce qui est vraiment beau, bon, vrai dans la vie ; ils sont pour moi le moyen de maintenir ce cap. Ils ne rabotent pas ma personnalité, au contraire, ils m’aident à devenir toujours plus pleinement qui je suis vraiment, choisissant de laisser le paraître, ce qui est superficiel, ce qui passe, tout égoïsme, pour m’ouvrir toujours plus aux autres, et au Tout Autre qui est Dieu. Par-là, je réponds à l’invitation de St Augustin, lorsqu’il dit : « Aime et dis-le par ta vie ».

[1] pour une période de 3 ans, avant de les prononcer définitivement pour toute ma vie.

Les grands textes romains sur la Vie Consacrée

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lien fichier pdf Le service de l'autorité et l'obéissance
lien fichier pdf Repartir du Christ
lien fichier pdf Vita Consecrata
lien fichier pdf La vie fraternelle en communauté

Fécondité d'une vie consacrée

Vie Consacrée 2 

 

 F

ais place au Seigneur. Qu’est-ce que faire place au Seigneur ? Ne t’aime pas toi-même, aime-le. Si tu t’aimes, tu lui fermes ta porte ; si tu l’aimes, tu lui ouvres. Si tu ouvres et qu’il entre, tu ne périras pas mais tu te trouveras en celui qui t’aime.

                                              Saint Augustin, En. in Ps 131, 4-6

 

De quoi le célibat consacré peut-il être signe dans une société qui valorise jusqu’à l’excès l'idée de vie en couple ?

 

Le célibat pour le Royaume veut signifier au monde ce que signifiait le célibat de Jésus. Jésus a choisi de n'avoir ni compagne ni enfant, non parce qu'il dédaignait la vie de couple ou la paternité, mais parce que, en raison de la mission reçue du Père, il avait à se situer autrement parmi les hommes. Quelle bonne nouvelle venait-il proclamer ?

L'avènement du règne de Dieu, le rassemblement des hommes dans l'amour d'un même Père. Jésus a donc choisi de vivre en Fils et en frère. Il a choisi d'exprimer son affectivité d'homme véritable dans sa relation au Père et dans sa relation à ses frères. Il a choisi le célibat, qui permettait à son cœur d'homme, au service du Règne de Dieu, une oblativité totale et l'ouverture sur l'universel. C'est pourquoi le Nouveau Testament ne lui connaît pas d'autre épouse que l'Église.

 

De même, le célibat de la consacrée révèle au monde d'autres dimensions de l'affectivité : Il ne saurait être compris comme un mépris de la sexualité ni comme une dépréciation de la vie du couple, encore moins comme une tentative de court-circuiter l'humain pour aller à Dieu.

Au service du Royaume et avec la force du Christ Sauveur, la personne consacrée s’engage à vivre son affectivité en référence au Père et en référence à ses frères et sœurs en humanité. Par là, son célibat est signe de la gratuité et de l'ouverture du véritable amour chrétien. Il témoigne de cette liberté de pouvoir aimer sans prendre, de servir sans prétendre posséder et rappelle qu'aucun amour chrétien ne saurait se traduire par une possession de l'autre.

Offrande de tout l'être à Dieu, le vœu de chasteté débouche ainsi sur un témoignage irremplaçable dans l'Église et le monde. JP II, dans VC N° 88, nous dit : « La chasteté consacrée (…) expérience de joie et de liberté (…) constitue un stimulant précieux pour l'éducation à la chasteté, nécessaire dans d'autres états de vie. »  

 

Lorsque la consacrée, répondant à l'appel de Jésus, s'engage à la chasteté, c'est librement qu'elle dispose d'elle-même : son célibat ne lui est pas imposé; c'est un célibat voulu pour le Royaume. Elle ne se fait pas non plus religieuse pour pouvoir vivre célibataire, mais elle choisit le célibat parce qu'elle veut appartenir à Dieu, pour appartenir au Christ corps et âme, et répondre totalement à son amour.

Tout son amour va au Christ. Et tout l'amour qu'elle va donner aux autres viendra aussi du Christ. Dans toute rencontre, le Christ demeure présent, virginisant son cœur et le libérant pour l'amitié, la compassion et la miséricorde.

Oui, dans le Christ il est possible d'aimer Dieu de tout son cœur, en le plaçant au-dessus de tout autre amour, et d'aimer ainsi toute créature avec la liberté de Dieu ! nous dit encore JP II - VC N° 88

 

Parce qu'il est tout livré à Dieu, l'amour d'une consacrée devient universel, universel comme le dessein de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés. Entrer dans cet amour libre et non possessif prendra du temps, mais, parce qu'elle consent à ne jamais refermer sa tendresse sur un être privilégié, Dieu lui donne par grâce un cœur qui restera ouvert et un amour qui vibrera à toute détresse humaine.

 

Ainsi, la consacrée n’a pas de postérité dans sa chair, mais elle prolonge ce corps virginal du Crucifié dont le côté blessé a donné la Vie au monde. De cet amour virginal provient une fécondité particulière qui contribue à la naissance et à la croissance de la vie divine dans les cœurs. Par là, la consacrée fait œuvre de vie, sa stérilité n'est qu'apparente ; c'est celle du grain qui meurt en terre afin de porter du fruit.

L'essentiel de sa fécondité échappera souvent au regard ; mais, - comme le dit un auteur contemporain - « rendue libre de cœur par le don de sa force d'aimer, la consacrée devient d'autant plus amie qu’elle reste ouverte à toutes, d'autant plus sœur qu'elle ne réclame pour elle-même ni égards ni affection, d'autant plus mère qu'elle s'en remet à Dieu des fruits de sa vie, d'autant plus femme qu'elle lit ce qu'elle est dans le regard du Christ. »

 

Enfin, le célibat consacré est un signe eschatologique. Alors que le mariage insère chaque couple comme un chaînon dans la suite des générations, le célibat consacré anticipe et prophétise le terme de l'histoire où Dieu sera tout en tous. Il est signe de la vie du Royaume, il exprime l’intime nature de la vocation chrétienne et la tension de toute l’Eglise-épouse vers l’union avec l’unique Epoux, le Christ.